HITT ME avec Nele Van Damme : pourquoi la durabilité commence par un choix
Et si la durabilité n'était pas une checklist, mais une promesse ? Pour nous, entreprendre durablement, c'est bien plus que des bâtiments économes en énergie, moins de CO₂ ou le respect de certaines règles. C'est faire des choix qui restent justes sur le long terme. Sur le plan écologique, social et économique.
Dans l'épisode 8 de HITT ME, Nele en discute avec Hilde Schuttings, CEO du Voka Flandre-Orientale, et Jan-Jaap Verdoor. De l'avenir de l'entrepreneuriat, du talent et de la diversité, mais surtout de la manière dont nous pouvons construire dès aujourd'hui un avenir qui fonctionnera encore demain.
La durabilité commence par un choix
Aujourd'hui, la durabilité est souvent abordée comme une chose dont une entreprise doit tenir compte. Une obligation, un reporting ou une checklist. Pour nous, tout commence autrement : par un choix conscient.
Ce choix signifie que la durabilité n'est pas quelque chose que l'on place à côté de son entreprise. Elle doit en faire partie intégrante. Dans la manière de développer des projets, de considérer son environnement et de collaborer avec les personnes qui entourent l'organisation. Trois éléments sont essentiels pour nous : choisir consciemment, écouter les différentes parties prenantes et ancrer la durabilité dans le modèle d'affaires. Car une action ponctuelle change peu de choses. L'essentiel est que la durabilité fasse partie de la façon dont on entreprend.
D'un objectif à une promesse
Il existe une différence importante entre un objectif et une promesse. Un objectif donne une direction, mais il peut encore être déplacé lorsque les circonstances changent. Une promesse exige davantage. Elle crée de l'engagement et montre clairement ce que l'on défend en tant qu'organisation.
C'est pourquoi nous avons choisi de formuler notre ambition non pas seulement comme un objectif, mais comme une promesse concrète : atteindre la neutralité carbone nette d'ici 2035. C'est un défi de taille. D'autant plus que cette ambition ne se limite pas à un seul aspect de nos activités, mais porte aussi, entre autres, sur les matériaux et l'ensemble de la chaîne. Et pourtant, c'est précisément le sens d'une promesse. Ne pas attendre que tout soit simple ou évident, mais choisir dès aujourd'hui où l'on veut être demain.
Un objectif peut encore être déplacé. Une promesse montre clairement ce que l'on défend en tant qu'organisation.
Durabilité écologique, sociale et économique
La durabilité est encore souvent associée à des coûts plus élevés. Pour nous, il est justement important de considérer ensemble les trois dimensions : la durabilité écologique, sociale et économique. C'est pourquoi nous intégrons ces aspects dès l'étude de faisabilité d'un projet.
Nous ne regardons pas seulement les mètres carrés, les unités ou le rendement financier. Nous regardons aussi l'environnement. Que faut-il pour relier les gens entre eux ? Comment faire en sorte que chacun ait une vue sur la verdure ? Quels éléments rendent un lieu meilleur et plus agréable à vivre ? Pour nous, ce ne sont pas des questions qui arrivent une fois le reste du projet bouclé. Elles font partie de la base.
Et cela a parfois des conséquences. Lorsqu'un projet ne s'avère économiquement viable qu'en abandonnant les aspects écologiques ou sociaux, nous ne nous lançons pas. Même si cela signifie que nous ne décrochons pas le projet. Ce n'est pas une concession. C'est un choix conscient.
Lorsqu'un projet n'est viable qu'en abandonnant les aspects écologiques ou sociaux, nous ne nous lançons pas.
Rébellion positive : continuer à chercher ce qui est possible
Entreprendre durablement demande parfois de repousser les limites. Lorsqu'on nous oppose un « non », ce n'est pas forcément la fin pour nous. Cela peut aussi être le début d'une autre question : comment pouvons-nous y arriver autrement ?
C'est l'idée derrière notre rébellion positive. Ne pas être contre pour le plaisir d'être contre, mais garder un regard critique sur ce qui semble aller de soi aujourd'hui. Cette attitude se retrouve aussi dans la manière dont nous regardons notre propre fonctionnement. Nous voulons pouvoir remettre les choses en question, même si cela signifie devoir chercher une nouvelle solution. Car le progrès ne naît pas toujours en suivant mieux ce qui existe. Parfois, il naît en regardant les choses autrement.
Un « non » n'est pas forcément la fin. Cela peut aussi être le début de la question : comment pouvons-nous y arriver autrement ?
Tenir dans la durée : voir plus loin qu'aujourd'hui
La durabilité est devenue un mot familier. Peut-être même si familier qu'il en perd parfois son sens. C'est pourquoi, dans l'épisode, Nele parle de « volhoudbaarheid », un jeu de mots néerlandais qui désigne la capacité à tenir dans la durée.
Ce mot met l'accent sur ce qui est nécessaire sur le long terme. Pas une seule action, un seul projet ou un seul rapport de durabilité, mais la volonté de maintenir ses choix lorsque les circonstances changent. Cela demande une autre façon d'entreprendre. Ne pas regarder uniquement ce qui est faisable aujourd'hui, mais aussi ce qui tiendra sur le long terme. Car le véritable test d'un choix arrive souvent lorsque les choses deviennent plus difficiles.
Le talent avant les cases
Pour nous, la durabilité ne concerne pas seulement les bâtiments. Elle concerne aussi les personnes. Le monde évolue rapidement. La technologie progresse et les fonctions changent avec elle. Il devient donc de plus en plus important de ne pas regarder uniquement les diplômes, mais aussi les talents que chacun apporte.
L'agilité, la résilience et la créativité sont des talents qui joueront un rôle important à l'avenir. Et lorsque l'on donne aux gens la possibilité de contribuer à partir de leurs talents, on obtient des équipes où les différentes qualités se complètent.
La diversité en fait aussi partie. Nous ne pouvons pas partir du principe que chacun trouvera naturellement sa place dans une organisation, une communauté ou un lieu. Les gens ont des parcours, des expériences et des besoins différents. Le lien se crée lorsque les gens se sentent les bienvenus, peuvent être eux-mêmes et vivent quelque chose en commun. Cela demande d'écouter. Et surtout : de ne pas supposer que l'on sait ce dont quelqu'un a besoin.
La durabilité ne concerne pas seulement les bâtiments. Elle concerne aussi les personnes.
Une région qui ose bouger
Nous reconnaissons fortement cette mentalité à Gand et en Flandre-Orientale : avoir son caractère, rester critique et, de temps en temps, aller délibérément à contre-courant. Non pas pour compliquer les choses, mais parce que les choses peuvent parfois se faire autrement.
Le Wintercircus en est un bel exemple. Des entrepreneurs, des pouvoirs publics et des institutions du savoir qui collaborent, prennent des risques et croient ensemble en un projet. Ce type de collaboration peut faire avancer une région. Pour nous, il ne s'agit pas seulement d'entrepreneurs ou de croissance économique. Il s'agit aussi de créer un environnement où les gens ont des opportunités, où le talent peut se développer et où différents mondes peuvent se rencontrer. Une région forte ne repose jamais sur un seul ingrédient.
C'est l'ensemble qui fait la différence
Aucun élément ne détermine à lui seul si une entreprise ou une région peut s'épanouir. La compétitivité économique, la durabilité, le talent, la diversité et la collaboration sont étroitement liés. C'est aussi ainsi que nous voulons continuer à envisager l'entrepreneuriat.
Ne pas choisir entre faisabilité économique et responsabilité sociétale, mais chercher des façons de les faire se renforcer mutuellement. Cela demande des choix. Parfois des choix difficiles.
Mais c'est peut-être précisément là que commence l'entrepreneuriat durable. Pas par une checklist, mais par une promesse. Et surtout par la volonté de tenir cette promesse sur le long terme.