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Upgazet: La génération qui a vu naître.

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Mardi, 15 juillet 2025 |
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Tijl, Staf et Keet ont grandi dans une famille où entrepreneuriat, innovation et action étaient les maîtres mots. Comme des enfants, ils couraient (parfois litéralement) entre les chantiers, les réunions et les nombreuses histoires, alors qu’Upgrade Estate s’imposait progressivement comme une valeur sûre.

Dans cet entretien à coeur ouvert, ils reviennent sur ce qu’ils ont appris de leurs parents, Nele et Koenraad, l’évolution de leur regard sur l’entreprise et le monde, et ce qu’ils veulent eux-mêmes en retenir pour l’avenir.

Tijl, Keet et Staf. Les enfants de Nele et Koenraad.

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 Vous avez grandi en parallèle avec l’entreprise de vos parents. À quel moment avez-vous compris ce qu’ils faisaient dans la vie ? Quel aspect vous a paru le plus intéressant?

[Tijl] Les choses n’ont vraiment pris de l’ampleur que vers 2011, lorsque le premier grand bâtiment Upkot (Ter Plaeten Upkot, ndlr.) a été achevé. C’est lors de cette ouverture que j’ai réalisé ce qui se passait pour la première fois. J’avais 9 ans, et je sais que j’avais accidentellement fait exploser des poufs. Lors de l’inauguration, j’ai vu ce grand bâtiment, avec son jardin où nous nous promenions. Je me souviens qu’il y avait beaucoup de gens. Après l’école, il arrivait qu’on aille au bureau de Gand pour y faire toutes sortes de bêtises, par exemple en nous asseyant sur la photocopieuse les fesses nues (rires).

“Papa disait tout le temps à tout le monde qu’il avait un quatrième enfant.(Keet)

[Keet] Moi aussi, j’ai fait ça?. 

[Staf] Non, pas toi. Mon premier souvenir coïncide avec le carnaval, quand j’avais 11 ans. Nous avions convenu avec nos copains de mettre le costume du métier de nos parents. Et comme je ne savais pas ce que mes parents faisaient, je leur ai posé la question. Ils ont essayé de m’expliquer avec des mots simples, et j’en ai conclu qu’ils avaient un travail de bureau. Je me suis déguisé en homme d’affaires et j’ai enfilé un costume qui m’allait bien. On a encore les photos, avec la petite mallette. C’est à l’époque où ils avaient aussi une auberge de jeunesse que c’est devenu plus clair pour moi. Le fait que le domaine récréatif de Prullenbos soit proche de notre maison a rendu les choses bien plus tangibles. Avant, je ne comprenais pas bien ce qu’était Upgrade Estate. Quand on me demandait : « Que font tes parents ? », je pensais au Prullenbos et à l’auberge de jeunesse (Backstay Hostel, ndlr.), mais je ne cernais pas tout. Je savais qu’ils étaient indépendants, mais je ne savais pas exactement ce que ça voulait dire. C’est à partir de l’école secondaire que j’ai commencé à tout bien comprendre.

[Keet] Pour moi, c’est arrivé bien plus tard, en deuxième secondaire, dans ces eaux-là. Je me souviens d’abord de l’auberge de jeunesse. J’allais souvent y prendre le petitdéjeuner avec ma maman et j’adorais la lasagne. Le Prullenbos aussi, mais c’est parce qu’il était très près de chez nous. C’étaient les deux seules choses que je connaissais vraiment. Et en effet, ce n’est que bien plus tard que j’ai pris conscience de l’existence d’Upgrade Estate, Upkot et des autres marques.

Upgrade Estate a donc pris tout son sens plus tard?

[Keet] Papa disait tout le temps à tout le monde qu’il avait un quatrième enfant. 

[Tijl] On le disait nous-mêmes au bout d’un temps. On l’a accepté (rires). 

[Keet] On a grandi avec Upgrade Estate, c’est tout simplement normal pour nous, je pense. Je n’y avais donc jamais réfléchi. L’auberge de jeunesse était la plus intéressante pour moi. Il y avait beaucoup de personnes qui étaient en voyage. Et le voyage, je trouvais ça très chouette. J’étais tout le temps en admiration. Des gens qui voyagent ! Je me souviens aussi des petits-déjeuners avec ma maman. De chouettes moments. 

[Staf] Au début, je trouvais peu de choses intéressantes, mais maintenant, je trouve presque tout intéressant. Je savais déjà que je voulais m’occuper des ventes. Ce n’est jamais arrivé, mais au début, je trouvais les ventes intéressantes, puis la mission générale de l’entreprise. Quel est mon but ? Quel impact social est-ce que je souhaite avoir ? C’est ce qu’il y a de plus important pour moi maintenant. Mais avant, je pensais que ce n’était qu’une histoire de chiffres. 

Avez-vous déjà envisagé de faire quelque chose dans l’entreprise ?

[Tijl] Mon père m’a emmené pour la première fois en livraison à Courtrai, quand j’avais douze ans. On m’a tout de suite demandé d’aider à terminer le travail et de passer l’aspirateur et la serpillière. La semaine suivante, il m’a emmené deux jours à Bru Upkot, à Bruxelles, où j’ai été appelée à faire toutes sortes de tâches. Depuis, j’ai travaillé comme étudiant sur les chantiers chaque été. Je trouvais la construction intéressante, mais l’aspect pratique, le fonctionnement logistique d’une telle entreprise m’intéressaient davantage. Le soir, j’ai commencé à parler avec notre père de ce qui se passait partout. 

[Staf] Quand on m’a emmené pour la première fois sur un chantier, j’ai vite découvert que ce n’était pas pour moi. Je préférais assister à toutes sortes de tâches administratives, comme le traitement de tableaux Excel, l’analyse de la consommation d’énergie, la gestion comptable, … Depuis trois ans, je suis Upstudent dans un bâtiment Upkot. J’aide aussi à faire tourner le bâtiment ou à gérer le bar pendant les événements. C’est un peu mon flexi-job au sein de l’entreprise. 

[Tijl] L’année dernière, je me suis installé comme indépendant directement après ma formation d’arboriste. Vu que j’ai travaillé en tant qu’étudiant dans les départements Construction, Facility et Community, je travaille encore de temps en temps pour Upgrade Estate tant que mon activité est encore en phase de lancement. 

[Keet] Lorsque j’avais 13 ou 14 ans, j’ai demandé un jour à Sofie (chef du service des personnes et de la culture de Upgrade Estate, ndlr.) en quoi consistait son travail, parce que je m’intéressais à ce qu’elle faisait. J’ai alors déclaré que je voulais devenir la même chose plus tard. Entre-temps, j’ai abandonné l’idée, mais si je devais faire quelque chose, cela devrait avoir un impact social. À ce niveau-là, nous sommes donc tous les trois clairement différents. Nous avons tous les trois des domaines d’intérêt très différents et nous sommes en contact de différentes manières avec ce que fait Upgrade Estate. 

Avez-vous des souvenirs marquants ou des anecdotes amusantes en tant qu’enfants de deux CEO?

[Tijl] Lorsque nous étions enfants, nous nous rendions à l’école à Gand en voiture pendant les périodes hivernales, nous n’avions pas encore parcouru la moitié de la route que le téléphone sonnait déjà. Nous ne devions pas faire un bruit. Et quand on venait nous chercher à l’école, l’appel téléphonique était déjà en cours. Notre papa était tout le temps pendu au téléphone.

La détermination. Je pourrais sans doute m’améliorer encore un peu dans ce domaine. (Tijl)

[Keet] Maman, pas vraiment.

[Staf] Mais papa a appelé quand il est rentré à la maison. Il a facilement passé une heure de plus dans le jardin et a fait des allers-retours...

[Keet] … tout le temps.

[Tijl] Jusqu’à ce que maman crie... « Bon, tu viens manger ? ». Mais il ne venait quand même pas, il continuait.

[Keet] Nous avons aussi eu des jeunes au pair. Cela ne voulait pas dire pour autant que nos parents n’étaient jamais à la maison. C’était uniquement pour les heures après l’école. Le soir, ils étaient là. J’ai un souvenir comique. L’une de nos jeunes filles au pair venait de Chine. Lorsqu’elle est venue me chercher à l’école, les autres enfants m’ont demandé le lendemain si ma maman était chinoise et pourquoi je parlais anglais avec elle (rires). 

[Staf] Une nuit, je suis rentré d’une soirée vers 1h45, et je suis rentré en même temps que mes parents. Quand je leur ai demandé pourquoi ils rentraient si tard, ils m’ont dit que la réunion s’était éternisée. Mais cela n’arrive plus maintenant.

[Tijl] Je n’ai jamais rien connu d’autre que cette effervescence. 

[Staf] À un moment, je me suis rendu compte que ce n’était pas comme ça partout. Les parents de mon ami ont des horaires de travail fixes. Tout est organisé dans les moindres détails. Il ne peut y avoir de plus grande différence dans la façon dont un ménage est géré. Chez elle, on sait à chaque instant qui est à la maison. Moi, quand je rentre, c’est plutôt… « Il y a quelqu’un ? » et on attend de voir si quelqu’un répond.

Qu’avez-vous appris de vos parents entrepreneurs ?

[Staf] Qu’il faut mettre la main à la pâte ! Notre papa et notre maman nous disaient toujours : « Tu dois agir, arrête de parler, agis. » 

[Tijl] La détermination. Je pourrais sans doute m’améliorer encore un peu dans ce domaine. J’ai surtout appris à avoir le cran d’essayer. Je suis devenu indépendant. Quand j’ai une question, je la leur pose directement. Ils me donnent des trucs, des astuces. C’est leur esprit d’entreprendre, leur indépendance. J’apprécie vraiment avoir ce filet de sécurité. Je ne sais pas comment je m’en sortirais sans eux. Ils m’ont offert un cadre, un filet de sécurité et un très grand réseau. Pour moi, c’est ça : avoir confiance et faire confiance.

L’ouverture d’esprit et la façon de traiter les autres. Toujours dans le respect, mais il faut aussi savoir s’affirmer à certains moments. (Staf)

[Staf] J’ai le sentiment qu’on a le droit de tout faire. Nous avons reçu un bon sens de l’éthique et je suis l’un des seuls de mon cercle d’amis à tout raconter à ses parents. 

[Keet] Moi aussi. 

[Staf] Tout d’abord, je ne fais rien qui les dégoûterait. Je n’ai aucun secret pour mes parents. Je leur dis les choses, même quand je sais que ça ne va pas leur plaire. Ils me font confiance. Il n’y a pas de tabou chez nous. 

[Tijl] Chez nous, on peut vraiment parler de tout à table. Ça crée parfois des tensions, mais ça fait partie du jeu.

Parlons des valeurs qu’ils vous ont transmises. Vous parliez du sens de l’éthique, de la confiance. Quelles autres valeurs sont importantes à vos yeux ?

[Staf] L’ouverture d’esprit et la façon de traiter les autres. Toujours dans le respect, mais il faut aussi savoir s’affirmer à certains moments. 

[Tijl] Savoir quand il est temps de dire m*rde. 

[Staf] D’un côté, il faut respecter et écouter tout le monde. Mais à un moment, il faut dire… En effet, m*rde, je vais faire les choses à ma façon. C’est ce qu’on nous a transmis. Cela nous permet de toujours peser le pour et le contre et de décider quoi faire dans une situation donnée. En tenant compte de ces valeurs, on ne prend jamais la mauvaise décision.

[Keet] Ce que je retiens surtout, c’est l’ouverture d’esprit. Il n’y a pas d’idée trop folle pour mes parents. Ils diront toujours : « Essaie. » Au pire, tu échoueras, et tu pourras recommencer ou refaire les choses autrement. La confiance est très importante pour moi aussi. Je raconte également tout à mes parents, parce que je sais qu’ils réagiront toujours de manière juste. Ou alors, ils garderont un moment le silence, tout simplement. Personnellement, j’ai parfois encore un peu de mal à m’affirmer. Mes parents ne vont pas faire les choses pour moi, ils vont me motiver à les faire moi-même.

[Staf] Je me souviens, quand j’étais en secondaire, j’avais lancé un petit commerce de boissons parce qu’ils avaient retiré les distributeurs automatiques à l’école. J’y ai vu une opportunité. J’en ai parlé à mes parents, qui, secrètement, trouvaient mon « envie d’entreprendre » assez chouette, mais ils m’ont tout de suite prévenu que c’était à mes risques et périls. Mais ils m’ont également donné des conseils pour vendre plus. Je peux toujours me tourner vers eux pour des conseils ou un coup de main. 

[Tijl] Pour moi, ça s’est manifesté quand j’en ai eu marre de l’école à la fin de ma quatrième secondaire. Je n’arrivais plus à me motiver à passer toute la journée sur les bancs de l’école, mais j’avais de nombreux centres d’intérêt. Mes parents ont vite compris que ça partait dans la mauvaise direction, et ils ont directement cherché un moyen d’y remédier. Six mois plus tard, j’ai décroché mon diplôme du secondaire via le jury. Comme j’avais une année d’avance, je suis allé travailler comme étudiant dans un Delhaize et sur les chantiers d’Upgrade Estate. Pendant mes études supérieures, après y avoir longuement réfléchi, j’ai réalisé que j’avais envie de suivre ma vocation et de devenir arboriste. Mes parents m’ont toujours bien conseillé. 

[Staf] Maman est particulièrement douée pour cerner ce que les gens sont capables de faire et ce qu’ils aiment. Elle le sait parfois mieux que nous. Et c’est même parfois embêtant. 

[Keet] Et elle a toujours raison au final.

Il se peut qu’à un moment ou à un autre de votre carrière, vous soyez amené à travailler avec des personnes à qui vous devrez donner des directives. Comment allez-vous vous y prendre ? Y a-t-il quelque chose qui vous vient directement à l’esprit ?

[Tijl] Pour moi, c’est la collaboration. Dans mon travail, c’est très important, c’est vraiment une valeur clé. On se met d’accord et on travaille ensemble. Quand on y arrive, le travail se fait naturellement. C’est vrai. Je l’ai remarqué ces derniers mois. 

[Staf] L’ouverture et la transparence. Si vous avez quelque chose à dire, dites-le. 

[Keet] J’allais citer la sincérité. Ce n’est pas la même chose que la transparence, car on peut être transparent et ne pas tout dire. 

[Staf] C’est exactement ce que je veux dire. C’est possible, mais je voulais plutôt dire dans le sens : « Il a fait ça, mais il ne l’a pas bien fait. » Il faut le dire : « Je ne trouve pas que c’est bon. On va résoudre le problème ensemble. » Ou bien, une personne n’en apprécie pas une autre. Il faut qu’elles se parlent. Surtout dans les grandes entreprises. Quand on travaille à cinq, c’est assez facile. Mais quand on est plus de 100 collaborateurs, c’est évidemment un peu plus difficile.

[Tijl] Il y a moins de contacts personnels. 

[Staf] Je ne comprends pas bien les gens qui se disent : « C’est mon boss, et lui, là, c’est ton boss », les hiérarchies complexes. Oui, il faut avoir un supérieur, quelqu’un qui a le pouvoir décisionnel, mais il ne faut pas pour autant en avoir peur. 

[Tijl] Il faut quelqu’un qui endosse la responsabilité finale, mais il faut s’unir pour parvenir à faire des choses.

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