Véronique et Céline sont deux actrices de premier plan de l’équipe Facility d’Upgrade Estate. Elles représentent deux générations différentes, mais partagent une même vision : la collaboration paie. Lors de cette rencontre, elles partagent leurs points de vue sur les écarts générationnels au travail et sur la façon dont juniors et seniors peuvent se renforcer mutuellement dans un cadre de travail dynamique.
Que pensez-vous de la diversité générationnelle au sein de l’équipe ? Y a-t-il des différences en matière de communication ?
[Céline] Véronique est la doyenne de notre équipe, qui se compose principalement de personnes dans la vingtaine. Cela se ressent dans l’énergie et l’enthousiasme avec lesquels nous travaillons. Nous avons une dynamique jeune, parfois un chouïa impulsive, mais c’est ce qui rend les choses vivantes.
[Véronique] Cet enthousiasme est contagieux. Dans mes emplois précédents, je travaillais surtout avec des personnes qui décomptaient les années avant leur pension. C’était décourageant. Ici, c’est différent. J’en apprends tous les jours et je me sens challengée, même si je suis la plus âgée.
[Céline] À l’inverse, nous apprenons également de Véro. Elle est une source d’apaisement pour nous. Lorsqu’on est dans le speed, elle nous dit toujours : « Hé, garde ton sang- froid, il n’y a pas mort d’homme. » Cela nous aide à relativiser.
[Véronique] Nous sommes complémentaires. Vous apportez le feu et la rapidité, j’essaie d’apporter du calme et une vision globale. C’est un équilibre.
[Céline] Au niveau de la communication, on remarque clairement des différences. Les jeunes collaborateurs communiquent plus vite par chat ou par e-mail. Ils n’aiment pas prendre le téléphone, encore moins s’ils doivent parler dans une langue étrangère ou s’ils sont entourés d’autres personnes. Nous ne sommes pas un cas isolé, on le voit plus largement au sein de notre génération.
[Véronique] C’est vrai. Les jeunes se tournent plus rapidement vers les outils digitaux, parfois au détriment du contact personnel. Un petit message en ligne est vite envoyé, mais manque souvent de nuance. Le téléphone crée une connexion.
[Céline] On communique par messages brefs et rapides, presque par télégramme. [Véronique] Avec un GIF ou une émoticône (rires). Mais je vois bien que ces nouveaux moyens de communication ont aussi leur place. Le tout est de les compléter avec un vrai contact.
On communique par messages brefs et rapides, presque par télégramme.(Céline)
Comment les générations s’influencent-elles mutuellement au-delà des services et des murs de l’entreprise ? Qu’avez-vous remarqué ?
[Véronique] Je pense que le professionnalisme et l’attitude sont plus importants que l’âge ou la génération. Je remarque toutefois que les jeunes d’aujourd’hui sont habitués à beaucoup de choses. Cela donne parfois l’impression qu’ils sont gâtés. Ils ont grandi dans l’abondance matérielle et ont donc des attentes élevées, parfois peut-être trop rapidement.
[Céline] Parfois, les écarts générationnels sont très marqués, notamment au niveau des locataires. Peu d’étudiants disent les choses en face. Quand on se rend dans un bâtiment, ils ne disent pas grand-chose. Et puis, on reçoit une notification via l’application. On dirait que les jeunes ont du mal à communiquer directement. Parfois, ils s’attendent à ce qu’une panne soit réparée le jour même. Lorsqu’on travaille avec des entrepreneurs externes, ce n’est pas toujours immédiat. C’est parfois un peu délicat de faire la distinction entre bon service et planning réaliste.
[Véronique] Par exemple : « Le lave-vaisselle est cassé, je ne peux pas garder la cuisine propre. » Alors qu’on peut évidemment faire la vaisselle à la main. Cette attente que tout soit résolu instantanément est parfois élevée.
[Céline] Ce n’est pas le cas de nos jeunes professionnels. Ils sont généralement plus âgés, plus compréhensifs et plus réalistes, même quand il y a des frais.
Ces différences sont-elles dues à l’âge ou à la génération ?
[Véronique] Pour moi, c’est une question de génération. À 18 ans, notre personnalité est en grande partie formée, je pense. J’ai quatre enfants. Lorsqu’ils me demandent quelque chose, je réponds souvent : « Essaie de trouver toi-même. » Je connais la réponse, bien sûr, mais je ne la leur donne pas tout de suite. Chercher par soi-même favorise l’autonomie et la capacité à résoudre les problèmes.
Selon vous, quels sont les atouts des collaborateurs juniors et des collaborateurs seniors ? Et qu’est-ce qu’ils apportent à l’équipe et à l’entreprise ?
[Céline] Les collègues plus âgés sont souvent plus indépendants. Ils n’ont pas besoin de longues explications et sont flexibles. Une autre de leurs qualités est l’authenticité. Ils ont l’air plus sûrs d’eux. Moi, je suis facilement influençable.
[Véronique] Quand on est jeunes, on veut souvent faire partie d’un groupe. On s’adapte plus vite.
[Céline] Oui, je me reconnais dans ce que tu dis. Quand on propose d’aller boire un verre le vendredi, j’ai du mal à dire « non », alors que c’est plus facile pour les collègues plus âgés. Ils répondent tout simplement : « Moi, je rentre chez moi. »
À certains moments, on entre en conflit avec soi-même et cela pousse à la réflexion : qui suis-je ? Où vais-je ? (Véronique)
Pensez-vous que c’est une question de génération ?
[Céline] Dans mon entourage, la quête d’authenticité est très forte : qui suis-je ? De quoi ai-je envie ? Cette ouverture est positive, mais elle nous donne aussi du fil à retordre. Avant, on me prémâchait tout le travail.
[Véronique] Avant, on faisait moins de chichis. La quête d’authenticité, c’est un processus. En grandissant, il faut parfois savoir dépasser les limites que nos parents nous ont imposées. À certains moments, on entre en conflit avec soi- même et cela pousse à la réflexion : qui suis-je ? Où vais-je ?
Qu’espérez-vous pour la collaboration intergénérationnelle de demain ?
[Véronique] Travailler avec différentes générations m’apporte beaucoup. On apprend énormément les uns des autres. Le mélange entre jeunes et seniors apporte à la fois une dynamique et de la stabilité. Aujourd’hui, on cherche encore trop peu à attirer délibérément des personnes plus âgées. Elles apportent du calme et des repères.
[Céline] Cette expérience a une vraie valeur ajoutée. Lorsqu’on vit beaucoup de premières fois, c’est rassurant d’avoir quelqu’un à ses côtés qui est déjà passé par là.
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